Le Bilan Partagé de Médication (BPM) est devenu un outil clé des soins pharmaceutiques en France. Réalisé en pharmacie d’officine par un pharmacien d’officine, il vise le bon usage des médicaments, la réduction du risque iatrogène, la prévention des effets indésirables et l’amélioration de l’observance chez les patients âgés souvent concernés par la polymédication. En 2025, ce dispositif s’inscrit pleinement dans une logique de santé publique soutenue par l’Assurance Maladie, en lien avec les prescripteurs et le dossier médical. ReMed prolonge concrètement ce travail : en organisant les prises (PDA) et en renforçant la traçabilité, il facilite la continuité du traitement médicamenteux au quotidien.
Le Bilan Partagé de Médication : un entretien pharmaceutique en officine
Le BPM est un des entretiens pharmaceutiques structurés menés en officine. Il concerne surtout la personne âgée (souvent en affection de longue durée) et les patients qui cumulent plusieurs prescriptions. Pendant cet échange, le pharmacien recueille la liste des traitements, vérifie la posologie, les modalités de prise (comprimés, gélules, parfois injectables) et s’assure que le patient comprend bien l’objectif de chaque médicament.
Ce temps clinique relève d’une vraie pharmacie clinique : il ne s’agit pas de vendre des médicaments, mais d’améliorer l’usage et la sécurité dans le circuit du médicament, avec une démarche d’éducation thérapeutique adaptée.

Analyse pharmaceutique : interactions, doublons et risques médicamenteux
Le cœur du BPM repose sur une analyse pharmaceutique complète : cohérence des associations, risques d’interactions médicamenteuses, redondances, sous-traitement ou sur-traitement. Le pharmacien identifie aussi les situations qui exposent à des événements indésirables : confusion entre boîtes, automédication non déclarée, mauvaise compréhension d’un changement d’ordonnance, ou erreurs de dosage.
Cette vigilance s’inscrit dans la pharmacovigilance et la gestion des risques : l’objectif est de limiter l’hospitalisation évitable liée à un risque médicamenteux, particulièrement fréquent chez le sujet âgé.
Améliorer l’observance : du conseil du pharmacien à la prise réelle
Même lorsque la prescription est pertinente, l’observance reste fragile. Oublis, contraintes horaires, traitements multiples, effets secondaires, ou absence de symptômes (ex : HTA) peuvent conduire à des prises irrégulières. Le BPM permet de clarifier les points essentiels : “quoi”, “quand”, “comment”, et “pourquoi” — c’est le rôle du pharmacien et du conseil du pharmacien.
En pratique, la dispensation des médicaments ne se limite pas à remettre des boîtes : c’est un accompagnement. Le pharmacien peut recommander un pilulier, vérifier la compréhension, et signaler au médecin les difficultés d’observance.
Conciliation et coordination avec les prescripteurs et le parcours de soins
Le BPM s’inscrit dans une logique de conciliation : faire correspondre la prescription, ce que le patient prend réellement, et ce qui est nécessaire. Le pharmacien échange avec le prescripteur (médecin traitant, spécialistes) pour sécuriser l’ensemble des traitements médicamenteux.
Cette coordination est essentielle lors d’un retour d’hôpital, d’un passage aux urgences, d’une sortie de centre hospitalier ou d’un changement de traitement en Ehpad. Dans ces situations, les risques d’erreurs de prises augmentent, d’où l’intérêt d’un suivi régulier en officine.
Déprescription : réduire la charge médicamenteuse sans perdre en efficacité
Le BPM peut conduire à proposer une déprescription : retirer certains médicaments devenus inutiles, inadaptés ou à risque. Le pharmacien repère les doublons, les associations qui majorent les effets indésirables, ou certaines molécules sensibles chez la personne âgée (ex : psychotropes).
La déprescription n’est jamais une décision isolée : elle se discute avec le médecin. L’objectif est de diminuer la charge médicamenteuse, d’améliorer la tolérance, et de rendre le traitement plus simple et plus réaliste sur le long terme.
ReMed : prolonger les bénéfices du BPM avec une organisation sécurisée des prises
Un BPM réussi n’a de valeur que s’il se traduit par une prise correcte au quotidien. ReMed agit comme un prolongement opérationnel : la PDA (préparation des doses à administrer) organise les médicaments par moment de prise, ce qui réduit les confusions et sécurise la routine.
Cette organisation soutient aussi les équipes : en officine (avec les préparateurs en pharmacie), à domicile (avec infirmiers et infirmières) et, selon les parcours, avec des structures hospitalières ou pharmacies hospitalières. La préparation nominative, la traçabilité et la mise à jour rapide en cas de nouvelle ordonnance limitent les erreurs et renforcent la continuité du traitement.
Bénéfices pour le patient, l’officine et le système de santé
- Pour le patient : meilleure compréhension, moins d’oublis, moins d’effets indésirables, prise plus simple et plus sûre.
- Pour les pharmaciens : valorisation des nouvelles missions, renforcement de la pratique pharmaceutique et de la pharmacie clinique en pharmacie d’officine.
- Pour le système de santé : moins de complications, moins d’hospitalisations évitables, meilleur bon usage des médicaments, et une prise en charge plus efficiente.
Exemple concret : du bilan en officine à la sécurisation quotidienne
Une patiente de 72 ans, polymédiquée, réalise un BPM en officine. Le pharmacien identifie une incohérence de posologie et un risque d’interaction. Après échange avec le prescripteur, l’ordonnance est ajustée. Ensuite, avec ReMed, la PDA est mise en place : les prises sont mieux suivies, les oublis diminuent, et les risques d’erreurs chutent. Le traitement devient plus lisible pour la patiente et plus simple à surveiller pour ses proches.
Conclusion
Le Bilan Partagé de Médication est un pilier des soins pharmaceutiques en 2025 : il améliore l’observance, renforce la sécurité, et réduit la iatrogénie chez les patients polymédiqués, notamment les patients âgés. En s’appuyant sur l’analyse pharmaceutique, la conciliation et la coordination avec les prescripteurs, il sécurise le parcours de soins.
Associé à ReMed, il passe d’un diagnostic clinique à une solution quotidienne : une organisation claire des prises, une meilleure traçabilité et une continuité renforcée du traitement médicamenteux.